



avec Carla Bley au piano
Steve Swallow à la contrebasse
Andy Sheppard saxophone
photo Guy Le Querrec, aquarelle Antonius
Pianiste, organiste , compositrice et leader big bands, l'américaine Carla Bley est une figure importante du jazz post-bebop et est aussi l'une des rares femmes, qui ne soit pas chanteuse à atteindre ce haut degré de notoriété dans le jazz.
Des « Miss au Génie », Carla Bley en fait décidément partie. Les faits le démontrent amplement : tout d’abord, c’est l’une des rares femmes non chanteuses à jouir d’une grande notoriété dans le monde swinguant et enjazzé. Et elle l’a bien mérité. Elle a en effet contribué à renouveler l’écriture et l’arrangement avec une grande subtilité, une immense créativité et une bonne dose d’originalité. Si vous en doutez, écoutez au moins son opéra jazz Escalator Over the Hill. Il fallait oser. Carla l’a fait.
A venturière intrépide, elle explore la musique américaine sous toutes les latitudes. Elle est sans cesse en quête de nouveaux horizons musicaux et sonores. Elle teste, sans jamais se lasser, de nouvelles sonorités. À elle seule, la liste de ses acolytes dit toute la diversité des genres que Carla Bley a abordés : à côté des musiciens de jazz (Roswell Rudd, Gato Barbieri, Charlie Haden, Don Cherry, Enrico Rava, Jimmy Knepper, Jimmy Lyons, Paul Motian, Howard Johnson, Sheila Jordan, Bob Stewart, Jeanne Lee, John McLaughlin, Steve Lacy, Kent Carter, Aldo Romano, Michael Mantler), on trouve Don Preston (claviers des Mothers Of Invention de Frank Zappa), Jack Bruce (bassiste de Cream), la chanteuse country Linda Ronstadt, Robert Wyatt ou Nick Mason (batteur de Pink Floyd). D’ailleurs, l’album solo de ce dernier (Fictitious Sports, 1981) est en grande partie un album de Carla Bley.
Elle varie les plaisirs et écrit des musiques de film : son arrangement de la b.o. de Huit et demi (Fellini) apparaît sur le disque de Hal Willner en hommage à Nino Rota. Mortelle randonnée (Claude Miller - 1983) porte lui aussi sa patte musicale.
Et en plus sa participation avec le contre-bassiste américain de gauche Charlie Haden pour son
« Liberation Music Orchestra »
(source: Citizen jazz, Carla Bley, monstre sacré du jazz, 4 pages à lire)
Plus à lire sur Carla Bley sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Carla_Bley
C'est à ce moment que le saxophoniste anglais Andy Sheppard devient un membre attitré des différentes formations de Carla Bley puisqu'en plus de faire partie du big band, il viendra complèter le duo musical Bley/Swallow. L'instrumentation de ce trio est bien particulière: plutôt que le support rythmique d'un batteur, le couple a préféré la sonorité d'un cuivre!
Ses thèmes minimalistes, son écriture subversive, ses inventions orchestrales, son art de composer et d'arranger des musiques mêlant jazz, musiques populaires et folklore latino-américain, ont marqué l'histoire due free jazz et sa présence reste indispensable dans le jazz contemporain.
Plus?, alors il faut venir nombreux au Vigan le samedi 27 novembre pour ce magnifigue Trio de Carla Bley!!
Carla Bley a un site marrant http://www.wattxtrawatt.com/ en anglais lequel faut vraiment la peine de découvrir!
Récompensé par une Victoire du Jazz en tant que «Artiste vocal 2009» pour son album «Chansons enjazzées», Bernard Lubat est un artiste inclassable que Jazz à Junas est fière de vous présenter. Bernard Lubat, unique et déroutant, aura été de toutes les aventures du jazz européen de ces trente dernières années. Vibraphoniste pour Martial Solal, batteur avec Stan Getz et Eddy Louiss, chanteur dans les Double Six, acteur important de l’expérience du free-jazz dans les années 60, créateur du festival d’Uzeste, il est un fabuleux touche-à-tout.
Multi-instrumentiste (batterie, piano, accordéon, percussions ou encore vibraphone) mais aussi chanteur, compositeur et acteur, il n’est jamais là où on l’attend et ne cessera jamais de nous surprendre. Il a choisi de reprendre des chansons que l’on connaît tous, des chansons de Léo Ferré, Claude Nougaro ou encore Jacques Brel mais en les revisitant de façon très personnelle ! Génie des notes qu’il s’amuse à triturer dans tous les sens, génie des mots qu’il dissèque ou écorche, jazz, blues, en français ou en occitan, le grand sorcier d’Uzeste nous fait vivre un choc des cultures et des oreilles.
C’est donc une oeuvre musicale unique qu’il nous propose ici, à la fois profondément réfléchie mais aussi laissant une large place à l’improvisation. Ce musicien et agitateur poétique propage une extraordinaire énergie qui nous transporte dans un univers enchanté.

Pourquoi se retourner sur ses centaines de disques passés alors que la gestation du suivant se présente déjà? C'est par cette posture résolue que la musique improvisée française avance, et ce grâce à Daniel Humair, « sans doute un des plus grands batteurs du monde » selon le Dictionnaire du Jazz, la référence.
Le moteur des trios de Martial Solal au début des années soixante? C'est lui, le Genévois né en 1938. Et comme le pianiste Solal, il a vingt ans d'avance. Les visiteurs prestigieux de la capitale, de Lucky Thompson à Jim Hall, de Phil Woods à Lee Konitz? Tous le réquisitionnent sans exception. Seuls Sonny Rollins et Miles Davis sont passés à côté du soutien bouillonnant de ce disciple d'Elvin Jones qui jouait comme Tony Williams avant Tony Williams.
A partir des années 70, Humair renforce les époustouflants (si peu enregistrés, hélas) Units de Michel Portal. Je me souviens aussi des formations du Dreher, un club de la place du Châtelet, dans les années 80. Le gaucher naturel plaçait les éléments de la batterie de façon inhabituelle. Sans oublier les accessoires pour modeler le son, comme ce gonfleur de peaux. Sous sa baguette, la continuité rythmique et le tempo catapultent les solistes. Son art du timbre est unique : la batterie parle. Sans oublier la peinture, puisque ce sont ses dessins qui illustrent cette note.
La chanson n'est pas terminée. Avec deux compères en talent fou, Tony Malaby (saxophone ténor), et Bruno Chevillon (contrebasse), Humair propose à nouveau la musique d’un moment d’une vie. Mais il s'agit cette fois d'un disque-phare; d'un manifeste. Laissons la parole à leur ami commun le clarinettiste Michel Portal. Cet autre génie de l'improvisation signe le livret du CD :«Chacun est concentré au maximum, à l’écoute des autres, aucun n’est dépendant d’un texte, tout est en partage, chacun est responsable —dans le respect de l’autre. Résultat, une "intercréativité" si j’ose dire, plutôt qu’une interactivité. Pour tenir la gageure d’entrer dans un studio en s’engageant dans une aventure imprévisible, il importe de se choisir, pas seulement de s’apprécier, pas seulement d’aimer jouer.» Le virtuose évoque «une sorte d’ascèse avec le partage d’une même esthétique; les musiciens se montrent essentiellement tournés vers la recherche d’un moment de vérité.” Portal ne ressent «aucune austérité dans cette musique, mais une grande force expressive, à laquelle participe le plaisir de jouer ensemble dans la spontanéité et le sentiment de la liberté du jazz.» Concluant : «En nous menant de l’incantation à la transe obsessionnelle et sauvage, Humair lance et provoque des formes inouïes».
La période actuelle est propice, avec moins de mouvements affirmés et quelques individualités fortes. Le leader a titré le disque Pas de dense, enregistré par le label "Zig Zag Territoires". Avec ce disque, une autre époque de la composition spontanée française commence.
Interview de Daniel Humair


