mercredi 6 juillet 2011

Concert le vendredi 8 juillet au Muz'art Sauve


INVITATION CONCERT SORTIE DE RESIDENCE

David CAULET, René BOTTLANG, Rémi CHARMASSON TRIO « Le Quatuor d’Alexandrie »

Dans le cadre des résidences du Collectif JAZZ en LR 2011, l’association Jazz à Junas et le Centre d’expression artistique Muz’Art ont le plaisir de vous inviter à Sauve au concert de :

David CAULET, René BOTTLANG, Rémi CHARMASSON TRIO

« Le Quatuor d’Alexandrie »

Vendredi 8 juillet 2011 à 19 h 00

Entrée Libre

Après deux semaines de répétitions à Muz’Art, les trois musiciens seront heureux de vous présenter leur nouveau répertoire dans le cadre d’un café concert.

David CAULET, René BOTTLANG, Rémi CHARMASSON TRIO « Le Quatuor d’Alexandrie »

L’écrivain Lawrence Durrell (qui a vécu la fin de sa vie à Sommières) utilise dans cette oeuvre un procédé littéraire particulier en exposant une même histoire au travers du regard de quatre personnages différents. Le lecteur se fait transporter d’une version à l’autre et a l’impression de découvrir à chaque fois la «réalité », une réalité bien éphémère. Une chanson peut être un objet qui change d'apparence selon l'angle de vue avec laquelle nous la regardons, nous l'écoutons. Le Trio se sert donc de cette forme musicale et explore différentes sensations avec des procédés d'interprétations et d'arrangements divers, et ainsi d'acquérir une matière sonore vivante.

RESIDENCES JAZZ EN L’R :

Pour la première fois en 2011, le collectif Jazz en L’R portera au travers des 3 pôles régionaux (Jazz à Junas, Jazzèbre et la Scène Nationale de Sète et du bassin de Thau) 5 résidences de création d’artistes issus du collectif. Ces résidences ont pu voir le jour grâce à une volonté forte du Conseil Régional Languedoc-Roussillon qui souhaite accompagner la création régionale dans le Jazz et les Musiques Improvisées. Ces projets de résidence sont renforcés par un soutien de la DRAC Languedoc-Roussillon et de la SACEM pour nous aider à la diffusion de ces nouvelles créations.

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lundi 4 juillet 2011

Ray Bryant a nous quitté à l'âge de 79 ans


Ray Bryant est dé­cédé le 2 juin à New York, dans un hô­pi­tal du Queens des suites d’une longue ma­la­die. Pia­niste de jazz dis­cret mais pré­sent sur de très nom­breux al­bums, il était âgé de 79 ans. Bryant pu­blia son pre­mier album solo en 1958 (Alone With The Blues) met­tant en exergue un sens du swing très per­son­nel, assis sur une main gauche bien ferme que ses al­bums ma­jeurs tels que Alone At Mon­treux, Solo Flight ou bien en­core Mon­treux ’77 ne fe­ront que ma­gni­fier. Son der­nier opus, In The Back Room, en­re­gis­tré en pu­blic à la Rut­gers Uni­ver­sity, était paru sur le label Eve­ning Star en 2008.

Né le 24 dé­cembre 1931, à Phi­la­del­phie, Ray Bryant construit d’abord lo­ca­le­ment sa ré­pu­ta­tion. Avec son frère le contre­bas­siste Tommy Bryant, il in­té­grer le groupe mai­son du Blue Note Club de Phi­la­del­phie. Il est ra­pi­de­ment un si­de­man très prisé des stars du jazz et ac­com­pagne Miles Davis, Sonny Rol­lins, Melba Lis­ton, Co­le­man Haw­kins, Car­men McRae ou bien en­core Are­tha Frank­lin.

Paru en 1955 chez Co­lum­bia et très bien ac­cueilli par la cri­tique, l’al­bum Meet Betty Car­ter And Ray Bryant le pro­pulse sur le de­vant de la scène. Dans la fou­lée, The Ray Bryant Trio, pu­blié quant à lui sur Pres­tige, per­met même de dé­gus­ter ses ta­lents de com­po­si­teur comme sur Blues Changes et sa pro­gres­sion d’ac­cord assez unique. Un thème de­venu clas­sique comme le sera aussi Cu­bano Chant.

Le nom de Ray Bryant ap­pa­rai­tra éga­le­ment sur des al­bums de chan­teurs tels que Car­men McRae et Jimmy Ru­shing, ou sur le chef d’œuvre de Dizzy Gil­les­pie, Sonny Side Up, paru chez Verve.


dimanche 3 juillet 2011

Concert le 16 juillet à Junas de Lee Konitz annulé !

Comme vous avez attendu: le concert du saxophoniste alto Lee Konitz avec le pianiste Dan Tepfer est annulé à cause d'une maladie grave de mr.Konitz, agé de 83 ans.
Il venait encore sortir un magnifique CD: Live at Birdland avec Charlie Haden, Paul Motian et le jeune Brad Mehldau sur ECM
On souhaite à Lee Konitz un bon rétablissement !

Ici en- dessous la vie de Lee Kontiz écrit par Vincent Bessières.

Lee Konitz

© Mephisto

Né le 13 octobre 1927 à Chicago (Illinois, Etats-Unis).

Carrière multiple, irréductible, imprévisible, le cheminement de Lee Konitz dans le jazz prend les apparences d'une longue pérégrination intercontinentale jalonnée d'innombrables rencontres et d'expériences plus ou moins suivies (certaines historiques dans l'évolution de la musique) qui alimentent son inspiration et ont contribué à insensiblement faire évoluer son style. Ce nomadisme musicien, qui le fait échapper aux logiques mercantiles et donne à sa carrière une allure des plus sinueuses, aura peut-être masqué la grande originalité de ses conceptions – reconnue, certes, à ses débuts, mais souvent obscurcie depuis par ce goût pour l'échange, le renouvellement permanent de ses associations et une œuvre éclatée, fragmentée en de multiples enregistrements réalisés à toutes les époques et dans tous les pays.

Inspiré par l'exemple de Benny Goodman et enthousiasmé par les big bands de l'ère Swing qu'il entend à la radio, il débute par la clarinette qu'il étudie avec un musicien de l'orchestre symphonique de Chicago. Adolescent, il adopte le saxophone ténor puis l'alto et suit l'enseignement du pianiste Lennie Tristano qui lui inculque le goût de la discipline. Engagé par Jerry Wald à l'âge de seize ans, il intègre ensuite en 1947, l'orchestre de Claude Thornhill dont la composition et le répertoire préfigurent l'esprit du courant cool auquel Konitz sera étroitement attaché dès son installation à New York : il joue au Royal Roost au sein du nonet constitué par Miles Davis, Gerry Mulligan et Gil Evans dont les enregistrements seront publiés sous le titre de « Birth of the Cool ». Parallèlement, il renoue avec Lennie Tristano et travaille en compagnie d'un autre de ses disciples, le saxophoniste ténor Warne Marsh avec lequel il réalise ses premières séances (1949). Appliquant les préceptes du maître, les deux saxophonistes développent en parfaite sympathie un art contrôlé du contrepoint (fluide au plus haut point et d'une mise en place parfaitement exacte), de longues improvisations aux lignes serpentines sans précipitation ni emphase, portées par une sonorité diaphane, sans vibrato ni harmonique, à l'opposé de celle de Charlie Parker, dont Konitz – tout en reconnaissant l'avoir attentivement écouté – est, parmi les altistes de sa génération, le premier à véritablement se démarquer. Si du Bird, en effet, il admire le génie, il n'adopte pas le be-bop comme religion. Son goût pour les démarquages de standards et l'exploration des ouvertures harmoniques débouchant, auprès de Tristano, aux premières expériences de jazz libre avant l'heure (Intuition, 1949). Déterminante dans sa carrière, cette période de l'œuvre de Lee Konitz est sans doute la plus influente : elle est, en tout cas, immédiatement perceptible chez les altistes de la West Coast, de Paul Desmond à Art Pepper qui apparaissent sur la scène à cette époque. Bien que de courte durée, l'association avec Lennie Tristano trouvera des prolongements à l'occasion de retrouvailles ponctuelles avec le pianiste et certains de ses principaux élèves (Marsh, Sal Mosca, Ronnie Ball, Peter Ind, Al Levitt, Billy Bauer, Ted Brown…).

Au terme d'une année dans les rangs de l'orchestre de Stan Kenton en 1952-1953, Konitz débute une carrière free-lance dont le déroulement est impossible à retracer. Hormis un second passage chez Kenton le temps d'une tournée où il partage la vedette avec Charlie Parker sur des arrangements de Bill Holman (1953), son parcours est désormais fait d'engagements ponctuels et de groupes éphémères, au gré des sollicitations, des déplacements et des calendriers. Il est en Californie avec Gerry Mulligan, fait plusieurs voyages en Europe et joue périodiquement avec différents « Tristaniens », tout en maintenant une activité phonographique relativement abondante (pour Atlantic puis Verve).

Au début des années 1960, cependant, Lee Konitz disparaît de l'actualité musicale. Installé en Californie, il donne des cours par correspondance et ne joue que sporadiquement. Son retour est marqué en 1964 par un engagement au Half Note de New York avec Tristano, prélude à une carrière qui sera, dès lors, protéiforme et continuellement mobile. Partageant son temps entre l'Europe et les Etats-Unis, s'essayant à tous les contextes, côtoyant l'avant-garde et les vétérans, insensible aux modes, enchaînant inlassablement les collaborations, enregistrant abondamment sous des étiquettes diverses, fréquentant les scènes des festivals autant que les clubs secondaires. Son chemin croise ainsi ceux de Jim Hall, Chet Baker, Martial Solal, Anthony Braxton, Bill Evans, Charles Mingus, Dave Brubeck… manifestant des qualités d'improvisateur remarquables quels que soient ses interlocuteurs.

Dans ce défilé d'associations plus ou moins éphémères, la constitution par le saxophoniste d'un nonet (1977-1979) est remarquable, tout comme son goût pour les duos, suivis ou ponctuels, notamment avec les pianistes (Martial Solal, Harold Danko, Gil Evans, Michel Petrucciani, Enrico Pieranunzi, Cesarius Alvim, Franco D'Andrea, Kenny Werner, Alan Broadbent, Stefano Bollani…). Il y manifeste sa prédilection pour l'exercice du contrepoint spontané et l'exploration des standards sur lesquels son inspiration semble inépuisables. Cette aptitude à manifester de la fraîcheur sur un matériau éprouvé tend à en faire un invité de choix pour les rencontres impromptues (à l'image du trio avec Brad Mehldau et Charlie Haden en 1996). Mais Konitz est également l'objet de la sollicitation d'arrangeurs qui conçoivent des partitions au centre desquels ils placent son saxophone alto : Pierre Blanchard (1986), Alain Guyonnet (en big band en 1990), le Metropole Orchestra (1992), Ohad Taylor (sur des adaptations d'œuvres impressionnistes françaises), certains faisant le choix, tels Mark Masters (en 2002) ou François Théberge (en 2003), de proposer à l'altiste d'interpréter un florilège de ses propres compositions ou de thèmes qu'il a marqués de son empreinte au fil d'une carrière d'une impressionnante étendue, saluée en 1992 par la remise du Jazzpar Price.

Vincent Bessières

mardi 28 juin 2011

Jazz in Watercolors vient de sortir

Bonjour,
je viens de sortir un petit livre sur mes aquarelles de jazz et du blues, embellis avec des petites anecdotes sur le thème du jazz!
Ce livre compte 40 pages et 18 illustrations; il y a 3 pages sur le festival Jazz à Junas.

Le livre sera en vente pendant le festival de l'été pour un prix de 10 euros. Vous pouvez aussi le commander via : info@tonjazz.eu
Ton van Meesche.
Extrait du livre:

Antonello Salis

C' était en 2008 que l'association Jazz à Junas avait invité La Sardaigne pour leur festival de l' été avec spécial le trompettiste Paolo Fresu comme invité spécial. Aussi présent était le grand pianiste et accordéoniste Antonella Salis et lui était vraiment un homme fauve sur ces instruments, dans son comportement, mais pour moi, c'était un type idéale pour peindre avec son casque et pantalon rouge, en tapant sur le piano si lui il voudrait le transformer en petites morceaux. Mais il était le mieux excellent en jouant l'accordéon avec le clavier piano dans le Temple de Junas.

Pendant tout sa carrière il avait joué avec des grand musiciens du jazz libre comme L' Art Ensemble of Chicago, Don Cherry, Don Pullen, Ed Blackwell, Hamid Drake, Cecil Taylor , tous des grands musiciens de jazz pour leur performance et comme exemple pour peindre.

Antonello était un peu un homme « fauve » pendant le festival; quand les Sardes avaient déjà pris le bus pour se rendre à l'aéroport de Marseille, lui était toujours au lit. Après il insistait pour prendre son petit-déjeuner et on lui « déposait » à l'aéroport sans vraiment savoir si son avion était toujours là, mais lui, il s'en foutait.





dimanche 26 juin 2011

Le Jazz redémarre à Alès avec Les Soirées de Vauban

D'abord le 4 juillet avec The Syndicate, l'ancien groupe de Joe Zawinul dans le parc de Bosquet
vers 18.00

The Syndicate – ex Joe Zawinul syndicate

The Syndicate – ex Joe Zawinul syndicate
Line-up : Paco Sery, Emile Parisien, Thierry Eliez, Alegre Correa, Alioune Wade, Aziz Sahmaoui, Jorge Bezerra

"This band is my second family" – that's what Joe Zawinul often said about his Syndicate. With "The Syndicate" he created a style, which is characterized by a unique Groove and Power. Some great and well known musicians fulfil the wish of their master and let "The Syndicate" continue…

Après ça continue avec l'ancien guitariste de Miles Davis , Mike Stern, qui jouait ensemble avec le fameux guitariste de basse Marcus Miller et le saxophoniste Bill Evans. Mike était présent sur les disques: We Want Miles, Man with The Horn et Star People.
Un très bon groupe avec le violoniste français Didier Lockwood.

Le jeudi 7 juillet la soirée débute avec le groupe de Carlos Maza, inconnue peut-être, mais un groupe un peu sud-américain de la grande classe!
Pour plus de détails regardez: http://www.espritsnomades.com/sitejazz/mazacarlos.html

Et pour clôturer cette soirée la scène sera à Jacky Terrasson et le grand guitariste belge Philip Catherine, d'où on avait le grand plaisir d'écouter au Vigan!


vendredi 24 juin 2011

Disparition de Benoît Guerrée

Bonjour,

Comme beaucoup de personnes qui le connaissait, la terrible nouvelle de
la disparition de Benoît Guerrée, enseignant et journaliste de
Montpellier, a bouleversé de nombreux membres de Jazz à Junas. Nous
échangions souvent avec Benoît qui aimait se rendre à nos différents
concerts, ceux du festival mais aussi ceux de la saison. Les articles de
ce passionné de jazz, étaient toujours justes et éclairés.

Nous vous informons que ses funérailles auront lieu demain vendredi à
15h00 au funérarium de Grammont à Montpellier, elles débuteront par un
hommage civil ouvert à tous.

Disparition de Benoît Guerrée

Photo X/DRNotre collègue Benoît Guerrée a disparu à l’âge de 35 ans.

Il s’est vraisemblablement donné la mort (c’est l’hypothèse retenue à l’heure où ces lignes sont écrites) aux alentours de Montpellier, où il résidait.

Benoît Guerrée, enseignant, écrivait pour Jazz magazine/Jazzman et il animait une émission sur « Radio Clapas », antenne où le jazz occupe une place importante].
Il était aussi responsable de plusieurs associations, et se consacrait activement à la défense des sans-papiers.

A tous ceux qui connaissaient Benoît, à sa famille, nous disons notre peine.



jeudi 16 juin 2011

Les Petits Loups de Jazz à JUNAS


JAZZ A JUNAS présente,

JUNAS (Gard)


Le Samedi 18 Juin à 17h30 (Place de l'Avenir)

Samuel Silvant / Guillaume Séguron et Les Petits Loups de Jazz à Junas

Samuel Silvant : batterie / Guillaume Séguron : contrebasse / Julien Favreuille : saxophone

Le projet des Petits Loups de Jazz à Junas, qui avait débuté avec Olivier Caillard en 2008, est reconduit pour la 4ème année consécutive avec les élèves des écoles du Regroupement Pédagogique Intercommunal (RPI) Junas-Aujargues, autour d’un nouveau projet d’improvisation musicale porté par Samuel Silvant et Guillaume Séguron, « La Main et la Ligne », travail inspiré du film d’animation « La Linéa ». Deux musiciens très actifs sur la scène du jazz évolutif et créatif qui au-delà de leur carrière faite de nombreuses et riches collaborations : René Bottlang, John Tchicaï, Bernard Santacruz, Louis Sclavis, Jean-Marie Machado, Paolo Fresu, Raymond Boni, etc…ont le souci de donner le goût de la musique et de l’improvisation aux plus jeunes.

Pour ce concert unique nous les retrouverons accompagnés par une quarantaine d’enfants qui présenteront le final de l’atelier conduit sur l’année 2011 au sein de l’école d’Aujargues. En partenariat et avec le soutien de la Mairie de Junas.

Ce concert sera suivi de

Tarifs : 5 euros (tarif unique) / gratuit pour les moins de 16 ans

Renseignements et préventes au 04 66 80 30 27

www.jazzajunas.asso.fr

Cette soirée ce poursuivra par la fête de la Musique organisée par les différentes associations de Junas !

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jeudi 2 juin 2011

Le Trio d'arrosage à Anduze le jeudi 9 juin 2011

Venez nombreux pour cet excellent trio de Nîmes!


A NOTER

Le Trio

A NOTER

Article sorti du jazz blog de la Libération sur Al Di Meola

Article trouvé sur le jazzblog de la Libération sur Al Di Meola avec des bons souvenirs de son concert à Junas en 2010

Jazz-Rock: Al Di Meola met le holà

Al Di Meola  photo by Francesco Cabras Les guitaristes de jazz-rock plus étourdissants qu'Al Di Meola se dénombrent sur les doigts de la main.

Retour en arrière. Dans la soirée de juillet 2008, dans l'enceinte "artistes" du Nice Jazz Festival. Je me lève pour une place dans les Jardins de Cimiez. En effet, sur scène, dans quelques minutes, passe le groupe reformé du pianiste Chick Corea, Return to Forever. D'un coup, surgit d'une allée issue de l'espace "Artistes" le guitariste John Mac Laughlin, le pas pressé. Je sais qu'il possède une villégiature dans les parages; qui est-il venu voir? Généralement, l'orgueilleux notoire au sourire ineffaçable ne court pas admirer ses confrères. Même Al, qui partagea le triomphe de Friday Night in San Francisco, le succès aux cinq millions d'albums. Je n'ai pas lu le nom du fondateur du Mahavishnu Orchestra sur le programme. Je me rue vers lui et pose la question: «vous allez jouer ce soir, John?»

-«Oh non, je viens voir un collègue!» Surprise. Dany Michel, l'ancien programmateur de La Villa à Paris, exégète avisé du milieu du jazz et surtout des guitaristes, me fournira la réponse: «John est venu prendre la mesure de son principal concurrent!» Eh oui! Le phénoménal John Mac Laughlin ne culmine plus isolé dans la catégorie. Ce soir-là, Di Meola parsèmera d'étoiles un public déchaîné. Les meilleurs solos du concert? Sans contestation lui. Le drive, les unissons, les contrechants? Il surclasse les autres membres du groupe.

Lorsque je croise Al fin avril au Plaza Athénée, où il profite d'un week-end parisien, le natif du New Jersey confirme son implication dans le concert de la soirée de 2008: «Je me suis retrouvé au four et au moulin dans la nouvelle mouture du groupe. J'en ai rapidement eu marre! Bien sûr, je reconnais que grâce à Chick, à partir de 1974, je suis devenu une star, comme le batteur Lenny White et le bassiste Stanley Clarke. Mais aujourd'hui, il m'a relégué au même rôle qu'au début. Or, le temps est révolu. Je ne veux plus qu'il me cantonne au poste de soliste. Ni qu'il compose pour un groupe avec une guitare aux avant-postes. Chick devenu accompagnateur, je trouve cela trop triste. Il ne m'a pas écouté. Il a perpétué la formule. Je suis parti

055 Voici un Al libéré, tee-shirt blanc, jean délavé, Clarck's noires, enfoncé, dans le fauteuil-baignoire confortable de l'hôtel situé avenue Montaigne. Il assure la promotion du CD de sa propre formation, le World Sinfonia Band, intitulé mystérieusement: Pursuit of Radical Rhapsody. «Le titre correspond précisément à la quête en cours», éclaire laconiquement l'Américain. «Je cherche à m'exprimer avec moins de technique, et davantage de profondeur. Pour y parvenir, je me tourne vers la musique de l'Argentin Astor Piazzola. L'univers du tango permet des rythmes hyper-syncopés. L'introduction d'un accordéon rend les sonorités plus variées.» Reconnaissons ceci: en matière de rythmes latins, Di Meola montrait des dispositions dans le Friday Night, en 1981 déjà! «Sur ce point, je tombais sur l'entente parfaite avec Paco de Lucia». Aujourd'hui, côté section rythmique, la batterie de Peter Erskine surélève le titre Radical Rhapsody. Les percussions de Mino Cinelu mitraillent le déconcertant Michelangelo's 7th Child. La contrebasse de Charlie Haden enlumine le standard Somewhere Over the Rainbow, en l'honneur de Les Paul, mentor du styliste.

Al photo by Francesco Cabras Les mélodies du dernier CD séduisent également. L'explication: «Les Beatles m'émeuvent comme au premier jour. Je leur consacrerais volontiers mon prochain disque. Leur musique procure tellement de bienfaits...». En attendant, on peut se régaler avec le Strawberry Fields Forever des Beatles sur Pursuit of Radical Rhapsody. Une des chansons préférées d'Al. Le virtuose reste fidèle à ses autres modèles. Il a joué avec chacun d'entre eux. Voici à chaud les appréciations:
Herbie Hancock ("Le Best des Best")
Larry Coryell ("Le père spirituel de la guitare fusion, un ami")
Tony Williams ("L'un des plus grands jazzmen de tous les temps")
Wayne Shorter ("Le professeur du saxophone")
Stevie Wonder ("Un trésor national")
Paul Simon ("Quel grand Monsieur, tellement adorable").

J'évoque deux guitaristes qu'il a côtoyés, Jimmy Page et Carlos Santana: cette fois, il ne s'extasie pas. Tout juste reconnaît-il des qualités à leurs premiers disques. Django Reinhardt? «Un excellent guitariste... français!» En définitive, Monsieur Di Meola voit s'agiter le show-business du haut de sa stature. Il admire, ou hausse les épaules. Le musicien ne cherche pas à me convaincre. Aucun enjeu dans les confidences. Il s'exprime placidement, en regardant la montre. C'est quand il se met à jouer qu'il met tout le monde d'accord.

Bruno Pfeiffer

CD Pursuit of Radical Rhapsody (Socadisc)

Al Di Meola jouera le 30 mai au Casino de Paris.

Crédit photo (Al à gauche/Bruno à droite/le bras de Yazid): Gilles Guglielmi pour Libération